Un moral fragile, mais un optimisme mesuré renaît
Les dernières publications de la Grande Consultation des Entrepreneurs menées par les Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI) indiquent que l’indicateur d’optimisme des chefs d’entreprise s’est redressé au début de l’année 2026 : il atteint environ 70 points, en progression par rapport à fin 2025, suggérant un regain de confiance prudent pour l’avenir immédiat.
Ce regain reste toutefois relatif : l’optimisme demeure faible comparé aux standards historiques, et de nombreux dirigeants jugent que la situation économique actuelle n’est pas satisfaisante, en partie à cause de la perception d’un environnement politique et économique instable.
Par ailleurs, les chefs d’entreprise expriment une confiance renforcée dans leurs perspectives propres, même si leur évaluation de l’économie nationale et mondiale reste nettement plus réservée.
Climat économique et performances sectorielles
Selon les données publiées par l’Insee sur le climat des affaires en janvier 2026, l’indicateur synthétique du commerce de services se stabilise légèrement, bien qu’il demeure en dessous de sa moyenne de long terme. Cela traduit une situation encore mesurée pour ce secteur clé de l’économie française.
De manière cohérente, dans la construction et les activités immobilières, l’activité des entreprises se maintient stable, avec des opinions mitigées sur l’avenir et une persistance des difficultés de recrutement dans certains segments.
En parallèle, la Banque de France anticipe une croissance modérée de l’économie française au début de 2026, avec une progression du PIB estimée entre 0,2 % et 0,3 % au premier trimestre, portée par une activité soutenue dans les services et la construction, malgré des pressions sur la production industrielle.
Contraintes et attentes persistantes des dirigeants
Au-delà des indicateurs conjoncturels, plusieurs freins structurels continuent de peser sur le moral et les décisions des dirigeants :
Contraintes réglementaires et fiscalité : une part importante d’entrepreneurs identifie les charges administratives et la fiscalité comme des obstacles importants à leur compétitivité et à leur croissance.
Instabilité politique : l’environnement politique national est souvent mentionné comme source d’incertitude pour les plans d’investissement, notamment en période électorale.
Tensions internationales : certains dirigeants restent prudents face aux aléas extérieurs, notamment des risques commerciaux liés aux politiques étrangères (par exemple, sur les droits de douane), ce qui influence leur vision macroéconomique.
Ces éléments contribuent à un comportement d’attentisme relatif sur les décisions d’investissement et d’embauche, même si la majorité des entreprises prévoit encore de maintenir leurs effectifs dans les mois à venir
Des perspectives contrastées selon les filières
L’analyse des données sectorielles montre que :
Les secteurs construction et services affichent des niveaux d’optimisme plus élevés pour leurs perspectives internes.
L’industrie et le commerce restent plus prudents, parfois avec des anticipations moins favorables.
Cette diversité de situations confirme que la conjoncture française ne répond pas à un modèle unique : certains segments retrouvent des dynamiques positives, tandis que d’autres restent sous pression.
Au début de 2026, la France se situe dans une phase de stabilisation conjoncturelle, marquée par un moral entrepreneurial qui, s’il reste fragile, donne des signes d’amélioration après des périodes d’incertitude accrue. Les dirigeants accordent une grande importance à la stabilité politique, à la simplification administrative et à un cadre économique plus favorable pour relancer pleinement leurs projets. Dans ce contexte, l’anticipation prudente des évolutions économiques, combinée à une volonté de maintenir les emplois et une gestion rigoureuse des charges, dessine des perspectives plus pragmatiques que résolument optimistes pour les mois à venir.